Comment j’ai mémorisé le Quran – Mon histoire

par | Fév 14, 2022 | Spiritualité

Que la Paix soit sur toi,

Je n’ose pas vraiment partager mon expérience de mémorisation du coran autour de moi. Très peu de mes proches sont au courant que je l’ai mémorisé. Je l’ai fait en secret et ces moments étaient, de loin, parmi les plus doux qu’il m’ait été donné de vivre.

Je le fais ici pour inspirer et motiver, chose que je n’aurais probablement pas osé faire si mon blog n’était pas anonyme.

Si tu souhaites connaître l’histoire de mon Hifz al Qur’ân (mémorisation), mets-toi dans un endroit confortable et embarque avec moi dans ce petit pan de mon histoire personnelle. Voici comment j’ai procédé pour apprendre le Coran par cœur, en entier et seule.

 

Phase 1 : Un début purement scolaire

J’ai grandi à Casablanca, une ville au rythme effréné et marquée par une culture riche aux mille et une dimensions. Je n’ai pas grandi dans la bourgeoisie marocaine, contrairement à ce qu’on pourrait apparemment penser (selon certains échanges). Plutôt dans une famille simple de la classe moyenne, avec une maman ayant grandi dans l’opulence, mais qui tenait à travailler à la sueur de son front, et un père ayant grandi dans une grande pauvreté et qui aussi ne s’en est sorti que par (grâce d’Allah puis) la sueur de son front. Ils ont travaillé très dur toute leur vie et continuent encore aujourd’hui.

Au Maroc, à moins que les choses n’aient changé depuis lors, les écoles françaises étaient considérées comme une chance pour ceux qui pouvaient les intégrer. Elles sont réservées à une minorité d’expatriés de tous bords ainsi qu’aux familles très aisées. Pourtant, leur système éducatif est moins ambitieux et moins poussé, presque trop facile par rapport au système marocain. Mais il est privilégié par tous ceux qui en ont les moyens, car il ouvre des portes et est plus reconnu à l’international grâce à diverses conventions.

Mes parents n’avaient pas les moyens de nous inscrire dans de telles écoles, et j’ai étudié dans le système marocain jusqu’aux classes prépas, préparant aux concours des Grandes écoles d’ingénieurs. Des fois, on conseillait à mes parents de trouver un moyen de nous inscrire dans une école française, mes deux sœurs et moi, pour que notre potentiel ne soit pas « gaspillé » dans un système national trop dur sans être suffisamment reconnu. Aujourd’hui, avec le recul, je pense qu’avoir étudié dans le système marocain est l’une des plus belles opportunités qu’il m’ait été donné.

Une vraie chance

Une facette de sa beauté est la place centrale de la langue arabe, dans laquelle j’ai étudié presque toutes les matières. Mais c’est aussi une vision ouverte au monde dans laquelle l’apprentissage des autres langues est fortement encouragé. C’est considéré comme une richesse et non pas, comme c’est souvent le cas en France, un risque de tout mélanger et ne plus savoir parler aucune langue… Au Maroc, dans ma génération au moins, le strict minimum des langues parlées est l’arabe, le français et l’anglais, avec une présence notable du berbère également ainsi que de l’espagnol surtout au Nord.

Une autre facette de cette chance est d’avoir eu une éducation islamique depuis l’école primaire. C’était une matière comme une autre, d’ailleurs considérée plus simple que les autres par la majorité des élèves. La séance d’instruction islamique était considérée par beaucoup comme une séance de loisir, agréable et accessible, dans laquelle il était facile d’avoir des bonnes notes.

Un sujet parmi tant d’autres…

Le Qur’ân était évidemment au programme dès le primaire, et chaque élève était supposé arriver au bac en ayant mémorisé de nombreuses petites sourates, quelques moyennes et certains versets importants. Ma mémorisation du Qur’ân a donc commencé à l’école, c’était un sujet parmi tant d’autres du programme scolaire. J’apprenais le Qur’ân par obligation, comme j’apprenais un poème de Charles Baudelaire ou de Nizar Qabbâni.

Je ne dis pas que la tâche était purement scolaire et sans saveur, mais je ne réalisais pas la chance que j’avais de mémoriser la parole d’Allah, Seigneur des mondes. Je le faisais par devoir et jamais par initiative personnelle, comme je faisais avec la lecture par exemple.

En cette période, c’est-à-dire mes années d’école, j’ai donc mémorisé quelques sourates par devoir scolaire, sans chercher à aller au-delà.

Phase 2 : Un défi révélateur

Au début du lycée, j’ai perdu l’homme de ma vie, mon grand-père الله yrahmou… Il était toujours en pleine forme et sa présence était imposante. Il est tombé malade une fois, ce qui était très inhabituel pour lui, et en est décédé deux semaines plus tard, un 3e jour de Ramadân. Je ne m’y attendais tellement pas que j’étais dans le déni, j’avais l’impression qu’il était parti en voyage dans un autre pays, comme cela arrivait très régulièrement. La seule différence était que cette fois-là, ma grand-mère ne l’avait pas accompagné. Elle qui n’avait jamais passé une journée sans lui depuis leur mariage, durant leur adolescence… Il l’appelait « ma poupée », sans gêne, devant qui voulait l’entendre. Cette fois, mon papi était en voyage, mais elle était encore à la maison, vêtue de blanc, le regard vide, les yeux débordant de larmes silencieuses coulant sur son beau visage livide, pris de court.

En retournant au lycée, je ne souhaitais être dérangée par personne. J’étais dans ma bulle. Lors de la première séance d’instruction islamique, le professeur nous récita un passage de sourat al Baqara, et nous dit qu’il contenait une guérison pour les cœurs écorchés. J’étais très touchée par sa récitation et décidai alors d’apprendre ce vercet du coran. De le prendre. Comme un médicament.

Une guérison pour les coeurs écorchés…

Quelques jours plus tard, je m’apprêtais à passer deux semaines de vacances pour l’aïd chez ma grand-mère paternelle الله yarhmha, dans une autre ville. J’emportai avec moi mon mushaf, un manuscrit vert qu’elle m’avait offert, ramené du hajj, le pèlerinage à la Mecque, son unique voyage à l’étranger de toute sa vie.

Je commençai par lire la sourat al Baqara en entier, puis lire un tafsir abrégé d’as-Sa’dî. L’initiative étant personnelle, je lisais avec un œil nouveau une sourate que j’avais si souvent entendue dans ma vie. C’était comme si je la découvrais pour la première fois. Je découvris un véritable trésor de lumière et de vérité. Mon cœur commençait à s’apaiser, j’étais plongée dans ma lecture, immergée dans une nouvelle dimension. Puis j’eus une idée folle de la mémoriser entièrement, et non pas uniquement le passage récité par mon professeur. Je me dis : « commence la, tu finiras tranquillement au cours de l’année, il n’y a pas d’urgence. » Cette décision me remplit le cœur de joie et d’enthousiasme, j’avais un nouveau défi à relever, et pas n’importe lequel.

Des vacances productives

Je commençais par la première page. Je lisais une fois seule, puis écoutais le verset récité par un Qari (récitateur) en utilisant un CD de ma tante et un vieux baladeur (un appareil d’une espèce désormais éteinte, qui permettait d’écouter les audios des CD). Je relisais, puis essayais de réciter à mon tour, en veillant à respecter les règles de tajwîd apprises à l’école.

Puis au moment de la prière, je m’évertuais à réciter les versets fraîchement mémorisés. Je n’avais pas le droit à l’erreur ; ma concentration était maximale. Surprise inattendue : ce défi me fit aimer la prière davantage, une prière qui était devenue un peu machinale pour moi, presque comme un fardeau, qu’Allah m’en pardonne. Ce défi me donna le déclic pour réapprendre à prier avec amour et sollicitude.

J’avançais ainsi, chaque jour, pendant ces vacances. Ma nature fait que lorsque j’entame une activité ou un projet, j’ai du mal à m’arrêter avant de finir. Le plus dur pour moi est de me lancer, mais une fois que c’est fait, cela devient trop dur de m’arrêter, de passer à autre chose avant d’avoir tout bouclé. Et c’est ce qui se produisit à ce moment-là, je ne pouvais rien faire d’autre avant d’avoir fini ma mémorisation de toute la sourat al Baqara. Et c’est arrivé bien plus vite que je n’imaginais. Je l’ai finie pendant les deux semaines de vacances, et la connaissais par cœur avant la reprise des cours… 

Al baqara en 2 semaines..

Après les vacances, la vie reprit son cours. Un souvenir me revient de cette période. Le même professeur d’instruction islamique qui m’avait sans le savoir motivée à apprendre sourat al Baqara, félicita un camarade de classe Hafiz (il avait mémorisé le Coran étant enfant), et nous réprimanda, nous autres élèves, de ne pas prendre d’initiative pour mémoriser le Coran au-delà des versets imposés par le programme scolaire. Il nous demanda si quiconque avait fait le moindre effort en ce sens. Je n’osai pas me manifester et restai silencieuse. D’un côté par volonté de garder cela pour moi, pour الله, et d’un autre par gêne d’attirer une attention indésirable.

Pendant les années qui suivirent, je révisais régulièrement la sourat, j’avais tellement peur de l’oublier… Je m’y accrochais comme à un petit trésor secret que personne ne savait en ma possession. Je l’écoutais et la lisais dès que je pouvais, ainsi que les autres sourates que je connaissais grâce à l’école. Après le bac, j’intégrai la meilleure prépa de Casablanca, dans la filière Maths. Le programme était intense, éreintant même. Certains élèves quittaient après quelques jours seulement de la rentrée, découragés par la lourdeur du programme. Pendant ces deux ans, presque toutes mes activités parascolaires étaient en pause. Suite à cela, je passai les concours finaux et j’intégrai l’une des meilleures écoles d’ingénieurs en France (là où j’ai rencontré Happy Muslim Dad pour les curieuses, au passage, cf. épisode 1 du podcast ^^).

Phase 3 : Un nouveau départ

Le programme en école d’ingénieurs était équilibré : un temps suffisant pour le sport et les activités associatives et extrascolaires, la possibilité de choisir ses matières, de s’inscrire dans divers cours de langue (petite pensée à mes années de mandarin qui n’ont servi à rien, même si je ne regrette pas…). Il demeurait beaucoup de temps libre pour les étudiants, qu’ils passaient à travailler à côté et/ou à faire la fête. Pour ma part, je refusais sans gêne toutes les invitations et mes parents ne souhaitaient pas que je travaille, pour me concentrer sur mes études. Mais après ma scolarité exigeante au Maroc, j’avais presque l’impression de perdre du temps. Le programme était trop léger. En réalité, il ne l’était pas, mais c’est l’impression que j’avais. Tout est relatif. Je ne savais presque pas quoi faire d’autant de temps libre, je n’en avais pas l’habitude.

Un rythme de vie qui ne reviendra plus…

Je repris une activité sportive quotidienne, après l’avoir drastiquement baissée en prépa. Je lisais beaucoup, jusqu’à un livre par jour, mais cela n’avait jamais changé. Pour la première de ma vie, je me sentais complètement libre de mes activités, de mon temps. Je sentais que j’avais là une opportunité qui ne se présenterait pas deux fois… Et qu’est-ce que j’avais raison de le penser.

Un jour, en lisant un livre islamique, je lus un hadith qui me toucha au plus profond de mon âme.

Un hadith qui toucha mon âme

Le Prophète ﷺ  a dit : « Celui qui lit le Coran, l’apprend et le met en pratique, ses parents seront vêtus le jour de la résurrection d’une couronne de lumière. Sa lumière sera comparable à celle du soleil. Et ils seront vêtus d’habits qui valent plus que la vie d’ici-bas. Ils vont dire: Qu’est-ce qui nous vaut d’être habillés comme cela ? Il leur sera répondu: Par ce que votre enfant a pris du Coran ». Authentifié par sheikh Albâni dans sahih targhib n°1434

Ce hadith me marqua profondément. Ma relation avec mon père était compliquée jusqu’alors, c’était même l’une de mes raisons principales pour poursuivre mes études en France alors qu’initialement je ne l’envisageais pas. Je pensais aussi, surtout, à ma mère, à tout ce qu’elle fait pour tellement de gens. Elle a toujours sacrifié sa santé et tout son temps pour aider les autres, sans attendre d’aide de quiconque. Sans en recevoir non plus, elle qui ne demande jamais rien et qui cache ses besoins, depuis toujours, au point que les gens s’imaginent qu’elle n’a jamais besoin de rien. J’imaginais la belle histoire racontée dans le hadith, mes parents vêtus d’une couronne de lumière sans savoir pourquoi. Mon cœur s’emballait à l’idée d’offrir un tel cadeau à mes parents. Je voyais cela comme l’ultime cadeau à leur faire, pour leurs innombrables sacrifices, pour tout ce qu’ils ont donné à leurs enfants et au monde. Un cadeau secret dont ils n’auraient connaissance que dans l’au-delà, et qui les soulagerait d’une vie entière de dur labeur… 

Cela me motiva à reprendre sérieusement mon apprentissage du Qur’ân… De le finir entièrement. Le défi était de taille.

Ma méthode de mémorisation du coran : Tout un programme

Je repris l’apprentissage du Coran de manière méthodique, comme un projet académique. Mes journées n’ont probablement jamais été aussi réglées.

Je me levais au fajr, priais puis restais sur ma sajâda, mon tapis de prière, pour apprendre.

Je commençais par réapprendre méthodiquement le tajwîd. J’avais déjà vu toutes les ahkâm (règles) du tajwîd à l’école, mais j’avais besoin de réviser et d’approfondir mes connaissances avant d’apprendre le Coran complet. De repartir sur une bonne base, pour éviter de mémoriser des erreurs potentielles, et par devoir de bien réciter.

Après cette phase, j’entamai la mémorisation. Pour chaque sourat, je commençais par une lecture complète, des fois plus d’une fois. Puis je lisais le tafsîr d’Ibn Kathîr. Ensuite j’entamai la mémorisation, comme je l’avais fait des années auparavant.

Je lisais un verset, après l’avoir compris, puis le réécoutais plusieurs fois. Je le récitais ensuite plusieurs fois.

À la fin de chaque page, je révisais la page entière quelques fois.

Au moment de la prière, je récitais ce que je venais d’apprendre.

Ainsi étaient mes matins entre le fajr et le début des cours. Je partais ensuite en cours pendant la journée, et dès leur fin, je rentrais presque en courant dans ma chambre dans le campus, pour éviter de perdre du temps. J’attendais ensuite que le terrain de sport soit vide pour ressortir en faire le tour en courant plusieurs fois, tout en réécoutant le passage que je venais d’apprendre le matin.

Une fois par semaine, je révisais avec une amie très proche connue en terminale, qui avait mémorisé le Qur’ân durant son enfance, et qui après un baccalauréat en sciences mathématiques, avait décidé de poursuivre un cursus dans une université islamique. Elle était professeure de tajwîd et de Qur’ân également. À cette époque où il n’y avait pas encore WhatsApp, je payais un forfait hors budget pour moi, qui me permettait de l’appeler et réviser avec elle mon avancement de la semaine. Elle était tellement heureuse de suivre mon aventure, je lui serai éternellement reconnaissante pour son aide.

Et c’est ainsi que je repris la mémorisation en école d’ingénieurs, de manière autodidacte et méthodique, jusqu’à la finir en quelques mois. Je le fis assidûment et c’est toute ma vie qui en était impactée. Je me levais au fajr sans alarme, mon cœur vibrant à l’idée de reprendre mon mushaf et de m’imprégner des mots d’Allah ﷻ. J’étais très heureuse de ce que je faisais, très épanouie de mes journées. J’avais le sentiment de détenir un trésor secret dont personne au monde ne se doutait. À côté de cela, je n’avais aucun problème à avoir de bonnes notes, ce qui me valut d’être major de promo. L’école souhaitait m’offrir une bourse de mérite, avant de se rétracter en se rappelant que j’étais étrangère… les bourses étant réservés aux Français. Ascenseur émotionnel. J’ai toujours pensé qu’il faudrait alors leur changer de nom, à ces bourses, si le mérite n’était pas le seul critère… Quoiqu’il en soit, j’estime que mon histoire avec le Qur’ân à cette période était une grande source de bénédiction.

Quelle est mon excuse pour baisser les bras ?

Après plusieurs mois, j’eus une baisse de motivation. Il me devenait difficile de maintenir le même enthousiasme qu’au début. Alors je demandai à الله de m’aider à reprendre avec plus d’ardeur, et je tombai sur un bon programme télévisé qui me motiva à reprendre jusqu’à la ligne d’arrivée. Il s’agit de l’émission « Voyage avec le coran » du récitateur et animateur Fahd alKandari. Il partait à la rencontre de Houfaz (personnes ayant mémorisé le Qur’ân) de partout dans le monde. Chaque hafiz avait sa propre histoire. Les parcours étaient tellement divers, tous aussi inspirants les uns que les uns. Enfants, vieux, analphabètes, arabophones ou pas… chaque hafiz avait son histoire. Certains avaient dû faire face à des difficultés inimaginables, mais n’avaient pas baissé les bras. J’étais jeune, l’arabe était ma langue maternelle, j’avais du temps libre (pas d’enfants, de mari, de travail…), j’avais a priori une bonne mémoire et d’autres facilités… quelle était mon excuse ? Par الله, je n’en avais pas, cette émission m’aida à en prendre conscience et me redonna la petite motivation pour aller jusqu’au bout.

Une nouvelle vision de la vie

Durant cette période de ma vie, le Qur’ân me permit d’avoir des journées réglées et hautement productives. Il était le cœur de mes journées et les prières étaient leurs piliers. Mon approche était pour une fois différente. Auparavant, mes journées étaient centrées autour d’autres événements, par exemple les heures de cours, ou encore autour des repas du jour. Je peinais à trouver de la place pour le Qur’ân, et même des fois pour ma prière, qu’il est important d’accomplir en son heure. Pendant le hifz, la tendance s’était inversée et, comme par magie, toute ma vie s’était remise en place. Je faisais les choses dans l’ordre : ma journée était construite autour d’une base solide, de l’anse la plus ferme, qui est celle de la prière et du Qur’ân. Et tout le reste trouvait sa place parfaitement et naturellement sur ce socle-là, sans frustration ni délaissement de quoique ce soit d’important.

Le Quran était le coeur de mes journées, et les prières étaient leurs piliers

Je ne célébrai pas la fin de ma mémorisation et n’en parlai toujours pas, à part à mon amie et professeure. Par pudeur, mais aussi car je n’avais pas l’impression d’avoir « fini » l’aventure, mais qu’au contraire elle commençait à peine. Je poursuivis mes révisions ensuite, en écoutant et en lisant chaque jour. Moi qui aime les défis, celui-là m’avait le plus enchanté. J’avais l’habitude de m’ennuyer rapidement et de vouloir passer aussitôt au défi suivant. Mais cette fois, l’apprentissage ne s’arrêta jamais. Il se poursuit encore, jusqu’à ce jour, et ne finira jamais bi idhnillah.

A chaque lecture et relecture, j’apprends de nouvelles choses. A chaque révision, je suis de nouveau surprise. Une redécouverte perpétuelle, un enchantement continuel devant la luxuriance d’un puits intarissable. Quelle leçon d’humilité… J’ai initialement abordé le sujet comme un défi, mais plus j’avance dans mes pas, plus je réalise à quel point je suis loin.

Plus j’apprends, plus j’apprends ma propre ignorance. Pour une âme comme la mienne dont la soif d’apprendre est impossible à assouvir, j’ai trouvé le printemps de mon coeur. Je l’ai mémorisé, mais je ne cesserai jamais de l’apprendre, de le prendre. Je n’aurais jamais fait le tour de tout ce qu’il a à m’enseigner.

Mon histoire n’est pas extraordinaire, mon parcours n’est pas parfait et mon cheminement n’est pas fini. En réalité, j’espère qu’il ne finira jamais, et que je le revivrai aussi à travers mes enfants. Car le jour où je penserai avoir atteint le bout signera la fin de mon humilité et de mon apprentissage, et jamais l’aboutissement de la science elle-même, qui n’attend qu’être cueillie pour révéler un nouvel horizon lointain à viser.

J’espère que mon histoire t’a plu et t’a motivé.e à découvrir ce trésor extraordinaire révélé par الله, le Généreux, le Tout-Miséricordieux. 🕊

Happy muslim family

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