Les « défauts » de mon fils et pourquoi je ne veux pas les « corriger »

Que la Paix soit sur toi,

Découvre comment comprendre l’enfant et pourquoi je ne cherche pas à corriger ses « défauts ».

Il ne finit pas forcément son assiette

Et ça ne me dérange nullement. Il a raison de le faire.
Je me contente d’adapter la quantité que je lui sers les fois suivantes et je ne l’oblige jamais à continuer de manger alors qu’il n’a plus faim.
L’obliger à finir peut avoir des conséquences néfastes pour lui :

  • Le frustrer sans raison.
  • Lui causer des troubles alimentaires au long terme.

J’en ai souffert moi-même. J’ai toujours été obligée de finir mon assiette même après être calée. Même en étant pleinement consciente aujourd’hui de ce défaut, je culpabilise si je n’ai pas fini mon assiette, alors que c’est contre-nature et nuisible.
La raison est noble : éviter le gaspillage. Mais il y a d’autres moyens de ne pas gaspiller, sans pour autant causer un trouble à vie.

S’il se salit pendant le repas, il n’attend pas la fin et demande à être nettoyé immédiatement

Quand cela arrive, cela m’oblige à le nettoyer plusieurs fois durant le repas, lorsqu’il ne parvient pas à le faire seul.
Mais je ne cherche pas à le changer, car cette exigence est une manifestation de sa nature saine, sa fitra, qui aime la propreté et l’hygiène et refuse la saleté.
Je ne lutte pas contre cela, et je le respecte entièrement. Je me contente de lui mettre à disposition de quoi se nettoyer en cas de saleté, et je reste prête à agir s’il a besoin de mon aide.

Il m’empêche de toucher au téléphone quand je joue avec lui

Il n’hésite carrément pas à me le confisquer. À son âge.
Et je ne le prends pas mal, bien au contraire. Mon propre fils m’élève.
Il a complètement raison, si je passe un temps de qualité avec lui, il est injuste de ma part de me détacher pour me coller à mon téléphone. Il est prioritaire et il le sait. Le téléphone peut attendre.
J’imagine parler à un adulte, être pleinement concentrée dans notre conversation, puis le voir sortir son téléphone et m’ignorer. Je le prendrai très mal et ce serait irrespectueux. Alors pourquoi cela serait-il différent avec un enfant de deux ans ? Il sait que c’est irrespectueux et n’hésite pas à me rappeler à l’ordre.
Je suis même fière de lui.

Il refuse presque systématiquement mon aide

Cela peut être frustrant. Mais n’ai-je pas toujours rêvé d’avoir un enfant autonome, confiant, persévérant ?
Lorsqu’il fait seul une chose, cela lui prend plus de temps, forcément. Lorsque je suis pressée, cela me demande de la patience.
S’habiller seul, se déshabiller seul, monter ou descendre de sa chaise, poser et débarrasser son assiette, se nettoyer, se laver les mains, sortir ses jouets, les ranger… Bref, presque tout.
Mais c’est non seulement son droit, mais une bénédiction pour moi aussi. Car plus il grandit, plus l’élever devient simple grâce à cette autonomie. Il m’aide à être une bonne éducatrice pour lui, qui l’oriente, l’accompagne mais sans le priver d’une opportunité d’apprendre par lui-même, de s’entraîner et de s’améliorer.

Il refuse que je touche au tél/ordi de son papa et vice versa

Et encore une fois, bien que cela soit contraignant par moment, je le respecte entièrement. Car cela est dû au fait qu’il traverse sa période sensible de l’ordre. Non seulement il est inutile de lutter contre ce besoin d’ordre, mais cela peut être nuisible et frustrant.

De nombreuses études, notamment celles du Dr. Montessori, ont démontré que les enfants passent par des « périodes sensibles ». La période sensible de l’ordre dure de la naissance jusqu’à 6 ans environ. Elle se manifeste par un besoin urgent et pressant de cohérence dans l’environnement. Il a besoin d’un ordre, et que cet ordre soit respecté : l’emplacement des objets, l’ordre de déroulement d’un processus quotidien… etc.

Le téléphone et l’ordinateur de papa sont à papa. Maman a les siens et elle est supposée les utiliser. C’est valable dans l’autre sens et pour d’autres objets de notre environnement de vie. Par exemple, gare à moi si je mets les pantoufles du papa !

Une fois, il a versé le contenu de son verre dans son assiette

On mangeait tranquillement, il avait son assiette de riz et légumes et un verre de jus de pomme. Et sans crier gare, il a versé le jus dans son assiette, devenue presque bonne à jeter.
De nombreux parents auraient crié, se seraient énervés. Ils auraient peut-être aussi grondé, puni. Une telle réaction est injuste et perturbante pour l’enfant.
Car s’il a fait cette expérimentation, c’est parce qu’il m’avait vu faire auparavant. Dans un bol de céréales, j’avais versé du lait. Il m’a vu faire et a retenu que cette opération était possible : verser un liquide dans un contenant d’aliments solides. Il ne pouvait pas savoir qu’elle n’était pas toujours autorisée, alors il a testé.
Je lui ai donc expliqué qu’il ne devait pas la reproduire, en précisant que c’était réservé aux céréales, que j’ai sorti pour qu’il comprenne. Je l’ai laissé goûter sa préparation, qui était évidemment de mauvais goût. Il a retenté l’expérience une seconde fois puis a cessé.

Mot de la fin

 

  • On s’épuise souvent dans notre rôle de parents à lutter contre des manifestations de la nature saine de nos enfants, ou contre leurs tentatives de comprendre notre monde, qu’ils découvrent encore.
  • On oublie que ce qui est acquis pour nous, ne l’a pas toujours été, et que, nous aussi, avons dû apprendre ces
    banalités un jour.
  • Cette lutte ne mène à rien et crée des tensions avec l’enfant, des tensions dont personne n’a besoin.

Au lieu de lutter, et si on faisait l’effort de comprendre ce que recèlent ces trésors ? Ces rappels quotidiens de l’origine surprenante de l’Homme, de la part de ces petits humains curieux et innocents… cet émerveillement continuel devant la magie qui nous entoure et qui a un jour cessé de nous étonner ?

Happy muslim family

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